Ecriture et Réflexions
La Caryatide
Baguenaudant mon corps acéphale au gré de l’accalmie crépusculaire
Je sens déjà la nuit chasseresse, qui de sa main dantesque,
S’en va consteller les cieux de mille cornalines.
Le soleil, au matin, était venu caresser mes courbes encore enchevêtrées de pierre,
M’éveillant ainsi à la vie.
Eperdue, je le vis s’élever crescendo par-delà les cimes,
Laissant parmi les nuages l’ébauche d’un sillage enflammé.
Un engouement énigmatique prit alors possession de tout mon être,
Contorsionnant ma chair meurtrie, je m’extrayais enfin de mon carcan disharmonieux.
Mes reins, comme dirigés par la main d’un marionnettiste en proie à la frénésie,
S’étaient laissés aller en une cambrure ô combien elliptique !
Exalté, l’astre solaire s’était précipité, brûlant dans sa course chaumières et forêts…
Mais, goutte-à-goutte, le temps fit son office : Damnation éternelle !
La clepsydre ennemie a libéré le soir et mon amant repris !
Quant à la nuit maîtresse, elle vient, la voilà !
Et m’enchâsse à nouveau en ma tour d’albâtre…
Femme éphémère je suis, caryatide à jamais, et pour tout, chimérique.
Lili-A. ©